La réception : comment la qualité s'évalue objectivement
L'aluminium à 3 ou 5 mètres en lumière diffuse, le verre selon la note sectorielle : voilà comment se déroule une réception sans discussion.
Quand un laquage est-il suffisamment bon ? La question semble une affaire de goût, mais le secteur y apporte des réponses mesurables. Le document de référence « Exigences de qualité et Conseils » de la FNCV fixe la manière dont l’aluminium et le verre s’évaluent à la réception : sous quelle lumière, à quelle distance et selon quelles normes. Qui connaît ces règles du jeu arrive mieux armé à la table.
Pourquoi des critères d’évaluation existent
Pendant la phase de construction et à la réception, des questions et des plaintes reviennent régulièrement sur la manière d’évaluer le verre et le laquage. Le document de la fédération vise expressément à pouvoir juger au préalable si une plainte est fondée. Cela évite les réclamations injustifiées, et cela donne une base solide aux plaintes légitimes. La barre est fixée pour les deux parties.
L’aluminium laqué : œil nu, lumière diffuse, distance fixe
L’aluminium laqué sort d’un processus industriel. De petites imperfections y sont possibles. La règle du document : dans le champ de vision direct, la couche de laque doit être exempte d’effets gênants tels que rugosité, plis, peau d’orange excessive, inclusions, cratères, cloques, taches mates ou petites griffes, pour autant que ceux-ci soient perçus comme gênants à l’œil nu à la lumière du jour.
L’évaluation se fait toujours à l’œil nu et sous lumière diffuse. À l’intérieur, la distance d’évaluation est de 3 mètres ; à l’extérieur, de 5 mètres depuis le niveau du sol. Ce que vous trouvez à 20 centimètres avec une lampe de poche mais que vous ne voyez pas à 3 mètres ne compte pas comme défaut. Les conditions de garantie du revêtement reprennent la même logique : les dommages qui ne sont pas visibles à 3 mètres tombent hors de la couverture.
Le verre : la note sectorielle comme référence
Pour l’évaluation visuelle du vitrage, le document de la fédération renvoie à la note de la Fédération de l’Industrie du Verre (VGI-FIV, avril 2011). Quelques phénomènes qui, selon cette référence, ne constituent pas un défaut :
- Les différences de teinte entre vitrages. Du verre d’épaisseur, de composition ou de fournisseur différents peut présenter des teintes différentes. C’est un phénomène normal.
- Les interférences : des taches huileuses dans le verre qui se déplacent quand vous appuyez sur la vitre. Un phénomène physique, pas un défaut de produit.
- La réflexion déformée. Le vitrage se comporte comme un miroir et peut restituer des lignes droites réfléchies de manière déformée. Une réflexion déformée par des causes naturelles n’est pas considérée comme un défaut.
- La condensation sur le verre, sur la face intérieure ou extérieure. Comment l’interpréter, vous le lisez dans notre guide sur la condensation.
Ce qui est bel et bien un défaut : la condensation entre les feuilles de verre, dans la lame d’air. Le vitrage isolant n’est alors plus étanche et doit être remplacé. Les petites particules sur l’intercalaire qui ne perturbent pas la vue au travers ne sont en revanche pas un motif de refus, pas plus que le bruit de vibration des croisillons incorporés, qui n’est pas couvert par la garantie.
Ce que vous vérifiez vous-même à la réception
- Examinez le laquage comme le document le prescrit : à la lumière du jour, à 3 mètres à l’intérieur et 5 mètres à l’extérieur. Pas avec un spot dessus et pas le nez sur le profilé.
- Ouvrez et fermez chaque fenêtre et chaque porte. Le document exige que toute la quincaillerie fonctionne facilement, sans jeu, parfaitement et silencieusement.
- Contrôlez chaque vitre pour détecter les bris et la condensation entre les feuilles de verre.
- De l’eau stagne sur la toiture plate après la pluie ? Selon la Note d’information technique 215, à laquelle le document renvoie, une certaine stagnation d’eau est inévitable et ne constitue pas un motif de refus ou de réserve. Les gouttières horizontales sont, dans la construction de vérandas, un choix esthétique délibéré.
- Faites noter chaque remarque dans le procès-verbal de réception, même les petites.
Pourquoi ces critères vous protègent aussi
Les critères objectifs coupent dans les deux sens. Vous ne pouvez pas réclamer pour une griffe qui ne se trouve qu’à la loupe, mais un constructeur ne peut pas davantage balayer comme « normal » un défaut de laquage gênant à 3 mètres. Les distances, la lumière et la note sectorielle valent pour tout le monde. La réception devient ainsi un contrôle au lieu d’une discussion sans fin, et c’est précisément pour cela que la fédération a rédigé le document.
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